Let’s Celebrate Muziki!

Ani sogoma Batu Dimbu…
Aujourd’hui c’est le 21 juin et au village comme dans le monde entier on célèbre la musique.
Et oui ! Aujourd’hui on célèbre le Tam-Tam dans toute sa raisonnance. Vu que le village ne serait rien sans son Tam-Tam, nous allons en profiter pour vous partager une playlist des titres qui ont rythmé cette 1ère moitié de l’année hormis les Coup de Tam-tam. J’aimerais juste spécifier que cette petite playlist ne signifie pas que je n’apprécie pas le reste de ce qui est sorti mais que mon oreille et mon Tam-tam ont des préférences et tout le monde en a d’ailleurs.
Le début de cette année marque aussi mon retour en terre natale et je ne vais pas vous cacher que j’ai été très déconnectée de ce qui se faisait au pays mais avec le petit temps passé ici j’en ai eu des coups de Tam-Tam.

On va commencer avec Sherwin Gardner qui nous envoie des ondes positives avec « Greater ». Le titre me plaît parce que lorsqu’on démarre une nouvelle année, on a besoin de se donner de la force et le déclarer soi-même est tellement positif. Je vous invite à l’apprécier

On a « Otambia » de Tiss Warren Jazz que j’ai d’abord découvert en live lors de son café concert à l’Institut Français que j’ai pas pu Enjoy à cause de la pluie et je fus arrivée très en retard. Vous pouvez l’apprécier en intégralité ici. En Live c’était tellement bien que j’ai voulu le réécouter ensuite. Message simple et vibe qui entraîne, le bon cocktail pour un repeat x N fois dans le Tam-Tam.

On évolue avec « Les Choses du Pays là » un remix de « Aux Choses Du Pays »
du groupe mythique Movaizhaleine signé Tris Soss Mutema. Le son original qui relatait déjà les faits sociaux de notre pays en 2001( source BweliTribe), 17 ans plus tard Tris Soss Mutema nous fait une mise à jour du titre toujours dans le même esprit et avec autant de faits de notre société dénoncés.
Véritable coup de Tam-Tam surtout avec le refrain en langue myènè (je vous propose de prendre les paroles ici) tiré d’un titre du plus grand poète gabonais pour le village, Pierre Claver Akendengue c’est une version 2.0 qui nous fait vivre 3 générations de la musique gabonaise différentes.

Ces 6 mois je n’ai pas écouté que la musique du bled j’ai aussi pu apprécier « Science Student » de Olamide qui nous vient du Nigéria. Pourquoi le titre me plaît ? Tout d’abord pour la chorégraphie mais ensuite pour le contenu. Écrit en Yoruba, j’ai pu avoir la traduction en anglais ici (un peu de Google Translate ne vous fera pas de mal). Il y décrit des jeunes que l’on envoie dans les grandes écoles comme Harvard, mais qui utilisent leurs connaissances pour créer des drogues qu’ils consomment régulièrement, malgré le caractère dansant du titre, on peut voir écrit « Say No To Drugs » sur les murs du clip et c’est la 1ère chose qui m’a poussé à connaître les paroles. On danse mais c’est un sujet sérieux dans une génération éprise de drogues dures ou chimiques et oui c’est aussi ça la musique.

On continue de danser avec « Available » de Patoranking. Je vais pas faire dans la profondeur et les détails ici juste l’instrumental me plaît, il est dansant je me suis bien lâchée dessus.

On revient au Gabon avec les titres « My Love » et « Matrice » de BGMFK. Toujours égaux à eux-mêmes, ces deux titres sont vraiment un plaisir pour les oreilles. L’un ayant disparu des radars, je vous propose, si vous n’avez pas encore écouté d’apprécier « My Love ».

On a aussi du très frais qui vient avec Zyon Styleï qui vient comme une étoile avec la titre « Mong Ya Nza » qui en langue Fang veut dire: L’homme du village. C’est un titre qui m’a vraiment bluffée. À la première écoute je me demandais si c’était l’anglais mais non c’est le Fang! Il a trouvé une manière de rendre la langue vernaculaire bankable et d’ailleurs il le fait depuis que j’ai commencé à l’écouter réellement. Ce titre passerait bien à la radio je suis sûre que certains danseraient sans prêter attention à la langue au départ. Il me plaît beaucoup le mec.

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Voici le Cover de son EP dans lequel vous trouverez le titre

On va un peu du côté féminin avec Sly’a du label Dream Empire ex membre du groupe Ekivo’K Family. Qui nous voss en langue Punu, oui celle du village, de « Wull’Ma » ,d’écouter maman. Dans un style aussi frais que Styleï, la miss nœud emmène dans une vibe où la langue Punu n’est pas celle qu’on a l’habitude d’écouter partout. Qui a dit que nos langues n’étaitent pas Swagg ?

Tiss Warren Jazz on le lâche pas avec « Shadow », le titre hommage à Oliver Ngoma, qui était déjà plein de Swing dans sa version originale, et notre port-gentillais a encore ajouté sa touche qui nous amène dans notre enfance, la douce, j’ai juste trop validé.

Voici le titre avec lequel je découvre BOB DAN, qui m’avait déjà beaucoup plû à la Master Class. Un titre simple, surtout le refrain facile à retenir sur un rythme de la ntcham… On se met bien avec « Ndami », le petit frère de Judas Iscariot.hihihihihi

En réalité il y a eu tellement de découverte! J’ai pas envie de spoil les coups de Tam-Tam à venir, donc on va terminer cette playlist avec « Find A Way » de RodZeng tiré de son album sorti en mai dernier. Un pur délice, j’arrive pas à l’écouter une seule fois.

Pour les news en matière de musique, Tris Soss Mutema sort un nouveau titre, Tourner Le Dos ce samedi 23 juin à 20h et NG Bling lui c’est aujourd’hui, on célèbre la musique avec « Tototoh ».

Il y a un concert gratuit au Palais des Sports et des Cultures en Hommage à Mackjoss à partir de 18h.

En même temps Nadège Mbadou vous invite à découvrir son nouvel album au No Stress à partir de 20h.

Et Sly’A vous invite à un Showcase au Waï Bar du Radisson Blu à 20h.

Ayant été loin du pays pendant des années, j’ai eu du mal à me rendre compte de ce qu’était réellement le monde de la musique au pays.
Des hommages presque inexistants, à la multiplication des clashs et des challenges en passant par des droits flous d’auteurs, une chose est réelle la Musique gabonaise souffre.
J’imagine qu’elle évolue dans tous les pays avec ses hauts et ses bas, qu’on doit s’y faire mais j’ai quand même du mal à accepter que l’on ne veuille se garer que dans l’Afrobeat aux lyrics légères sans réelle touche artistique. Hormis ça il y a le manque de professionnalisme, l’étouffement dont certains sont victimes et le manque de plateformes neutres. Où ira-t-on donc dans un pays où on préfère payer des millions un artiste étranger qui fait le buzz sur Trace TV au lieu de créer des événements qui pourraient mettre en lumière les talents locaux? Je pense que c’est ce qui fait que beaucoup se concentrent sur comment être visible sur cette chaîne et sur les plateformes digitales.
Heureusement il n’y a pas que de mauvaises nouvelles, le groupe BGMFK a ouvert les portes des grosses productions comme Universal Music Africa en signant avec le groupe après Ténor du Cameroun. Avec cette signature, je pense que beaucoup ont compris que le travail est très important, surtout quand on a choisi la musique comme unique gagne-pain. Le niveau monte avec les clips à 15 millions mais on besoin de plus voir les Gabonais sur la scène musicale africaine influencée par les nija.

Bonne fête de la Muziki Batu Dimbu!

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