Dimbu’s Library: Au coeur du « Venin de Dieu » de Mel Vine

Aloha !
Après un gros volume d’incrustes et de coups de tam-tam, je viens avec une nouvelle rubrique dans laquelle je vais partager avec vous un peu de mes lectures. N’ayant pas trop le temps pour lire j’ouvre cette rubrique à ceux qui aiment lire, pour faire découvrir plus d’œuvres africaines.

Je viens donc vous faire découvrir un jeune écrivain Mel Vine qui m’a fait voyager dans ce qu’il livre au public comme quelque chose qui conviendrait aux personnes qui se posent les questions sur l’humanité.

Je suis pas très lecture mais là je vais essayer de vous faire parcourir cette œuvre sans tout vous dévoiler juste assez pour que vous ayez envie de découvrir de vous-mêmes.

Le chapitre 1 ou je dirais la partie 1 : Les Misérables

« Quand des misérables chantent leur précarité,
Quand ils dansent sur la musique des inégalités,
Je n’éprouve aucune pitié. »

Ça commence fort mais il y a quelque chose qui me fait penser au Gabonais lambda. Il décrit une société où on vit précarité ivrognerie, tueries, etc. Une société où chacun essaie de se réjouir de ne pas être la personne la plus à plaindre dans le désarroi d’un autre.

2: Quotidien Sombre

« L’océan céleste se couvre de son voile étoilé.
Le règne de l’astre nocturne se parfume de liqueurs, de bières, de drogues et de
sexe.
La ville, comateuse, est miraculeusement réveillée dans des lieux ludiques,
impudiques,
Qui la peupleront bientôt d’alcooliques drogués, comme il est coutume du
dimanche au samedi. »

« Des femelles s’illustreront dans des parades d’accouplement devant une horde de
bonobos surexcités, »

Le deuxième texte devient plus rude plus cru. L’auteur nous dévoile la vie de la nuit Gabonaise dans ses détails crus mais réels.

3: Confidence d’un hors la Loi

« Puisque la loi ne donne ni pain ni rêve au misérable,
Je suis devenu hors la loi. »

« Puisque dans ce trou la loi n’a été d’aucun secours,
Je suis devenu hors la loi. »

Une précarité étouffante, affaiblissante, plongeant la classe inférieure à sombrer dans la haine et la violence.

4: La vie de Bordélia

« Elle était si jeune, la petite Bordélia, quand son connard-de-prédateur-de-beau-père
La déshabilla,
La dépucela,
L’enfourcha sous l’œil silencieux et complice
De sa salope-de-soumise-de-mère dans une pièce sombre »

Ce texte lui m’a laissée perplexe, quelle histoire sombre! Mais une réalité que l’on retrouve beaucoup notre société. Plus on approfondit la lecture plus l’auteur nous dévoile une société aux profondeurs noires.

5: La mort d’un sacrifié

« Comment peut-on quitter la vie ainsi ?
Comment peut-on m’ôter la vie ainsi ?
Bientôt, je ne serai plus qu’un fait divers parmi tant d’autres. ».

Des émotions mitigées face à un texte court mais tellement lourd de sens qui aborde le sujet des mutineries humaines ou « crimes rituels » comme on les appelle localement. C’est tellement difficile d’aborder ce sujet… Je pense que je comprends un peu la taille du texte.

6: Le prêcheur de révolution

« Et dans la tiédeur de ma couche, je crie, j’appelle à la révolution.
Quelques « j’aime », quelques « j’adore », quelques réactions de surprise,
Quelques commentaires approbateurs,
Et quelques partages suffisent à mon bonheur. »

Ici Mel Vine décrit la vie des internautes mais surtout ceux qui ont de l’influence à travers ceux-ci. Il nous décrit une évidente solitude physique mais qui est compensée par des « likes » et « shares ». Triste réalité de la génération 2.0.

 

8: La Miséricorde du Seigneur

« Et vous vous abreuverez de mes paroles comme une liqueur de vie !
Et elles seront tel un baume salutaire sur vos plaies béantes !
Et vous chanterez ma gloire ! Vous me louerez comme votre fidèle protecteur !
Votre bienfaiteur ! Votre phare dans la nuit de votre existence ! »

Cette manière d’aborder la religion, chrétienne surtout. L’auteur m’intrigue un peu plus. Il met à nu des personnes qui se réfugieraient dans celle-ci pour pouvoir juger les autres et bien sur leur donner une conduite à tenir. On aborde facilement une position hautaine du chrétien ont j’ai souvent entendu parler dehors ou pendant certains débats.

14: Si demain ne venait jamais

« Si demain ne venait jamais,
Je voudrais être un symbole de pouvoir, de force, de talent,
Une lumière qui aura déchiré le voile obscur de l’ennuie,
De la peur,
De la souffrance,
De l’ignorance
Et de la lâcheté. « 

Et si demain que voudriez vous être? Une question tellement existentielle que nous pose l’auteur dans le 14e morceau de son poème qui touche mon esprit.

18: Ils ne savaient pas ce qu’est la liberté

« Hier encore, leurs pères et mères chantaient et dansaient leur félicité,
Cette aurore qui lave l’injustice et la honte de n’être point maître dans son propre
pays,
Ce jour sublime qui raconte l’exploit de devenir maitre, sans guerre ni sang,
Par la seule force de la parole.
Et sur toute l’étendue de leur territoire,
Des corps chantaient et dansaient l’exploit.
Et quand la parole leur fut confisquée, ils comprirent
Qu’ils ne savaient pas ce qu’est la liberté. »

Retour dans les années 60. L’indépendance et bases d’un État soucieux du paraître et de la position de chef ou « maître ». L’amour de la luxure. Identification d’une population qui vivait dans un flou sans savoir qu’elle n’était pas libre.

« Leur plus grand mythe est l’incommensurable richesse de leur pays.
Leur drapeau crie : nous avons des ressources forestières, minières et maritimes,
Venez les exploiter !
Leur sceau enseigne : vous êtes des enfants à la charge de l’Etat,
Profitez-en ! « 

Il faut le dire c’est un Gabon absolument bien décrit dans la mentalité et dans sa manière de faire.

19: La Bonne Nouvelle

« Voici donc la bonne nouvelle :
Le Royaume des Cieux approche, devenez le Dieu que vous êtes !
Le Royaume des Cieux approche, devenez le Dieu en qui vous croyez.
Le Royaume des Cieux approche, devenez le Dieu qui répond à vos prières.
Le Royaume des Cieux approche, devenez le Dieu-créateur-législateur de votre
destinée. « 

Ici, l’auteur décrit la paresse de certains croyants qui ne se figent que sur le fait que le succès ne vient que Dieu sans vraiment travailler pour l’obtenir ce qui crée souvent le sentiment que la foi en Dieu est sans saveur puisqu’assis on ne voit aucune évolution. Si on ne croit qu’en Dieu sans croire aux capacités que nous avons nous allons toujours trouver la foi amère.

21: L’amour et le salut

« Comment donner l’amour que l’on n’a pas pour soi-même ? »
« L’amour n’est pas une excuse pour souffrir.
Mais une motivation pour se surpasser.
Il est un présent que l’on se fait à soi-même
En laissant le soleil éclairer sa caverne.
Une source d’eau où l’on puise
Pour fertiliser son désert. « 

L’auteur nous plonge dans le phénomène où on se dit que donner l’amour aux autres en priorité est source de Salut. Comme Jésus-Christ nous voulons nous sacrifier à aimer d’abord ceux qui nous entourent entre temps on ne peut donner que ce qu’on a et si nous mêmes nous ne nous aimons pas ce sera difficile de faire en sorte que les autres nous aiment.

25: Le sermon

« La misère n’est pas une divine malédiction !
En vérité, je vous le dis, vous en êtes la source.
Vos faiblesses.
Vos carences.
Votre crédulité.
Et si donc, quelqu’un en a profité,
Ne le blâmez pas. Blâmez-vous !
Pourquoi l’avez-vous regardé faire sans agir ? »

L’auteur gueule un peu sur nous. Je vois bien celui-ci adapté au théâtre sous forme de monologue. Pour encourager, booster quelqu’un à ne pas paresser et accuser une malédiction mais plutôt se lever et faire quelque chose de nos vies.

C’est une oeuvre qui m’a redonné le goût de la lecture franchement. Toute cette émotion contenue dans les 26 textes que composent ce poème, c’est juste magnifique. Dès le 1er j’étais mitigée par autant de dureté dans ses mots, j’en suis même arrivée à me demander si ce n’était pas une personne froide dans le fond. Je vous recommande vivement ce livre. Entre la description d’une société dépravée, assujetti à la débauche pour oublier la liberté qu’elle n’a jamais réclamé obligée de se réfugier paresseusement dans les églises pour attendre la providence vous serez absorbé comme moi je vous le garantis. Et comme pour tout ce qui est décortiqué ici au village, Le Venin de Dieu reçoit 7 coris /10.

Le livre est disponible à même pas 2000 FCFA (1.99 euros) pour la version numérique et 6000 FCFA pour la version papier (8 euros) sur Edilibre.

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À propos de l’auteur, Mel Vine de son nom civil HELLA-ONDO FAUSTHER Melvine, est à 25 ans en finalisation de son Master en Philosophie à l’Université Omar Bongo. Lorsqu’il n’est pas plongé dans son écriture, la lecture ou encore la philosophie, il est rédacteur web pour DigiSmile et community manager pour G-13 Evénementiel. Il nous a d’ailleurs confié qu’il travaille sur de nouveaux livres que nous seront ravis de décortiquer ici au village.

Je vous invite à vous procurer son livre et à me partager vos impréssions sur nos différents réseaux. Bye.

 

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